Afif Chelbi: « L’Europe restera le premier marché pour la Tunisie au cours des 30 prochaines années »

Afif Chelbi: « L’Europe restera le premier marché pour la Tunisie au cours des 30 prochaines années »

Le président du Conseil des analyses économiques, Afif Chelbi, a indiqué que la stratégie économique du gouvernement tunisien porte sur le doublement des exportations tunisiennes vers l’Union européenne -son principal partenaire commercial et économique-, de manière à les porter de 9 milliards d’euros actuellement à 16 milliards d’euros en 2025. Lors d’un débat sur “le développement économique : ambitions et défis”, tenu jeudi 3 mai dans le cadre de la 39ème assemblée générale de la Chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce “AHK”, il a précisé que l’Europe restera pour 20 ou 30 ans encore le premier marché pour la Tunisie, notamment pour les secteurs mécanique et électrique. “Quant au marché de l’Afrique subsaharienne, la stratégie du gouvernement prévoit le triplement des exportations vers ce marché, qui offre des débouchés importants pour l’ingénierie, les matériaux de construction, mais dont l’importance n’égalera jamais celle de l’Union Européenne”, a-t-il indiqué. Afin d’atteindre ces objectifs, le Conseil préconise un rétablissement de l’autorité de l’Etat et du respect de la loi, particulièrement au niveau de la chaîne logistique et la garantie d’une stabilité fiscale et d’une stabilité du taux de change sur les 3 prochaines années, a expliqué Afif Chelbi.  Il propose également la conclusion de pactes entre les pouvoirs publics et les professions dans certains secteurs telles que l’industrie pharmaceutique, les TIC, pour atteindre des objectifs clairs en matière de qualité et d’exportation. Pour l’ancien ministre de l’Industrie, l’Accord de libre-échange conclu en 1995 avec l’UE a été une réussite totale, citant les chiffres d’Eurostat (organisme européen chargé de l’information statistique) selon lesquels les exportations tunisiennes vers l’Europe sont passées à 9 milliards d’euros contre 2 milliards d’euros auparavant. A travers l’ALECA, la Tunisie, qui n’est qu’à une heure de vol de l’Europe, aspire à un statut semblable à celui de la Norvège, à condition d’avoir une libération progressive et différenciée selon les secteurs, a-t-il dit. “Si on est dans l’ALECA, on est dans l’Union européenne”, estime Afif Chelbi.