Trump s'en prend à Amazon, dont l'action baisse encore

Trump s'en prend à Amazon, dont l'action baisse encore

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump, a publiquement critiqué Amazon (NASDAQ:AMZN) jeudi, au lendemain d'un article de presse lui prêtant la volonté de limiter la puissance du géant commerce électronique en s'appuyant sur la réglementation fédérale antitrust.

L'action Amazon perdait 3,85% à 1376,36 dollars en début de séance à Wall Street, portant à près de 8% sa baisse depuis la parution mercredi d'un article évoquant la volonté du président américain de limiter le pouvoir de l'entreprise.

La valeur boursière du groupe a ainsi fondu de près de 60 milliards de dollars (48,7 milliards d'euros) en à peine plus de 24 heures.

"J'ai exposé mes motifs d'inquiétude concernant Amazon bien avant l'Election. A la différence des autres, ils paient peu ou pas d'impôts aux Etats et collectivités locales, ils utilisent notre Système Postal comme Garçon de courses (avec des pertes énormes pour les USA) et ils poussent à la faillite des milliers de commerçants", a écrit Donald Trump dans un message publié sur Twitter (NYSE:TWTR) à propos d'Amazon.

Mercredi, le site d'information Axios, citant cinq sources, a rapporté que Donald Trump était obsédé par Amazon et souhaitait limiter son essor, notamment en modifiant le régime fiscal auquel le groupe est soumis.

La Maison blanche avait réagi en déclarant n'avoir aucun projet en cours concernant le groupe.

Le fondateur et PDG d'Amazon, Jeff Bezos, est propriétaire à titre personnel du Washington Post, l'un des principaux journaux américains.

Celui-ci a reçu l'an dernier l'un des prestigieux prix Pulitzer pour une enquête sur Donald Trump montrant que les affirmations de l'ex-homme d'affaires sur ses dons à des organisations caritatives étaient parfois exagérés et que certains ne concernaient en fait pas des organisations caritatives.

Jeudi, Raj Shah, secrétaire adjoint à la presse de la présidence, a assuré que les critiques du président n'avaient rien à voir avec des griefs personnels visant Amazon ou Jeff Bezos.

"IL s'agit bel et bien de politique", a-t-il assuré sur la chaîne de télévision Fox News.

Il a ajouté que les critiques de Trump n'impliquaient aucun changement de politique.

"Il y a un certain nombre de propositions qui ont fait leur chemin à la Chambre et au Sénat ou ont été envisagées par la Chambre et le Sénat. Il soutiendrait des efforts de ce genre", a-t-il dit.

"Nous pensons que, pour l'essentiel, il serait difficile pour l'administration actuelle de modifier de manière substantielle le paysage dans lequel opère Amazon", écrivent les analystes de Deutsche Bank (DE:DBKGn) dans une note publiée jeudi.

 

"Nous ne sommes pas naïfs. Le gouvernement pourrait tout à fait poser problème à Amazon, distraire son équipe dirigeante, décourager la prise de risque chez ses salariés et/ou faire baisser sa valorisation à court terme. Mais nous pensons que le risque potentiel lié à la colère du président est bien moins important, au moins à court terme, que celui que Cambridge Analytica représente pour Facebook (NASDAQ:FB)."

(Lisa Lambert, Marc Angrand pour le service français, édité par Juliette Rouillon)