Sénégal – L’agriculture une priorité : La preuve par les actes, le Président Macky Sall en démonstration de force.

 Sénégal – L’agriculture une priorité : La preuve par les actes, le Président Macky Sall  en démonstration de force.

Par Cheikh Mbacké SENE

Le Président Macky Sall a présidé en début de semaine la cérémonie de remise
de plus de 1000 unités d’équipements agricoles d’une valeur de 32 milliards de Francs CFA. Une démonstration de force qui confirme la ferme volonté du Chef de l’Etat sénégalais à faire de l’agriculture sa priorité, et conforte le Sénégal dans son projet de "le grenier de l’Afrique de l’Ouest et exportateur important de riz ».

Ce matériel remis, composé de tracteurs, de moissonneuses-batteuses, d’engins de génie civil, de motopompes, … est acquis dans le cadre de la coopération entre le Sénégal et l’Inde pour l’atteinte de l’autosuffisance en riz. L’acte s’inscrit dans le cadre de son ambition de faire de l’agriculture, le moteur du progrès économique et social du pays. Une nouvelle orientation dont la couleur a déjà été annoncée par le Président dès son arrivée au pouvoir en 2012. « Faire de l’agriculture sa priorité”, Macky Sall ne le dit pas seulement mais le concrètise par des gestes forts. En six ans, il a reliance le secteur en redynamisant certaines de ses filières. Mais surtout, le Président Sénégalais s’est employé à moderniser ce secteur clé pour l’économie sénégalaise qui représente 7.2% du PIB et implique plus de la moitié de la population nationale , puisque 55% des sénégalais sont ruraux.

Le Président Macky Sall a saisi l’occasion de la cérémonie de remise de ce lot de matériels pour  rappeler que depuis 2012, « il y’a un budget de 5 milliards dédié exclusivement à l’acquisition de divers matériels de culture au bénéfice de petites exploitations agricoles et familiales ». Et d’ajouter que « cette dotation servant à subventionner à hauteur de 70%, l’acquisition de matériel et outillage agricole pour les bénéficiaires, a permis de récolter entre 2013 et 2017, 65. 063 unités, auprès des industries locales ».

Mais l’agriculture sénégalaise repose à la fois sur des cultures de rente (arachide, coton, produits horticoles pour partie) et sur des cultures vivrières (principalement céréales). L’élevage occupant aussi une place importante.  Le secteur se résume en majorité d’une agriculture saisonnière et pluviale, centrée sur la période d’hivernage. Et les surfaces irriguées, qui ne représentent que 5 % de la SAU, et les productions de contre saison ont tendance à se développer. D’où l’intérêt de développer les grandes exploitations agricoles à coup de moyens mécaniques, technologiques et logistiques plus  Il a précisé que « concernant les grandes exploitations agricoles, notre parc de tracteurs s’est enrichi de près de 2000 tracteurs acquis entre 2012 et 2017, avec une subvention de 60% ». Le président de la République, Macky Sall n’a pas également raté l’occasion d’exhorter à rester dans cette dynamique et a demandé à son gouvernement à "amplifier" les efforts pour faire du Sénégal, "le grenier de l’Afrique de l’Ouest et exportateur important de riz ».

Pourquoi l’approche du Président Macky Sall est ingénieuse.

Le Sénégal, rappelons-le, est un pays sahélien qui couvre une superficie de 196.712 km. La population agricole représentant environ 75% de la population du pays, avec un taux de croissance démographique annuel de 2,6 (1998). L'agriculture occupe une place prépondérante dans la vie socio-économique du Sénégal. Ce sous-secteur fournit jusqu'à 45% des revenus de l'exploitation agricole et constitue de ce fait une activité économique importante pour la population rurale. L’agriculture, qui représente 7.2% du PIB, est un secteur clé pour l’économie sénégalaise, mais aussi un levier pour l’accroissement et l’amélioration de la sécurité alimentaire, l’emploi et la réduction de la pauvreté. Ce pays présente une série de facteurs qui le transforment en un lieu attractif pour les investissements dans l’agriculture et l’agro-industrie. Le climat est idéal pour l’agriculture intersaison et de plus, le Sénégal bénéficie d’une bonne logistique de transport maritime et aérien permettant d’approvisionner les marchés européens. D’autre part, les marchés locaux connaissent une expansion de par la croissante urbanisation, et la marge importante de substitution des importations par les produits locaux. Les principales régions productrices sont situées dans les deltas et les vallées des principaux fleuves, le fleuve Sénégal (nord du pays, l’établissement de la frontière avec la Mauritanie), le fleuve Casamance (sud du pays, dans la gamme entre la Guinée Bissau et la Gambie). Les exploitations agricoles industrielles d’une certaine taille sont rares et se limitent à la production de l’arachide, du sucre, du coton et, dans une moindre mesure, de la tomate industrielle.

La cacahuète est la principale production locale, que l’on trouve dans les zones centrales et orientales du Sénégal. La culture de l’arachide a une dimension sociale importante: 7 agriculteurs sur 10 produisent des arachides et on estime qu’un tiers de la population sénégalaise dépend directement ou indirectement de l’agriculture. Viennent ensuite la culture du millet et du sorgho, qui sont très résistants à la sécheresse et que l’on trouve au nord et au centre du pays, mais également le riz (le pays est déficient en cette céréale). Le Sénégal est le premier producteur et exportateur d’huile d’arachide (deuxième produit d’exportation par ordre d’importance après la pêche et devant le coton). En ce qui concerne les fruits et légumes, la production reste principalement orientée vers la demande intérieure, qui représente 95% de la production totale. En résumé, l’horticulture intersaison présente des opportunités commerciales intéressantes grâce à l’effort d’amélioration de la productivité et la valeur ajoutée du secteur primaire  travers le plan REVA (retour à l’agriculture), un projet visant à développer un réseau de modernisation du secteur agricole dans tout le pays, à travers la mise en place d’un certain nombre d’unités de haute productivité et de spécialisation. L’élevage est un important sous-secteur du secteur primaire, et représente 27% de celui-ci, et 3,8% du PIB, avec principalement l’élevage des bovins, des chèvres et des moutons. D’autre part, la production laitière est insuffisante pour répondre à la demande, c’est pourquoi l‘importation de lait en poudre est essentiel pour la production de produits laitiers.

L’obsession d’atteindre l'autosuffisance en riz en 2019

Avec cette nouvelle dynamique d’investissements qui boostent la production, le Sénégal est assuré d‘atteindre l'autosuffisance en riz en 2019. En 2017, le pays avait déjà procédé à la révision de son programme en Riz (Pnar), en portant l’objectif de production nationale de riz blanc à 1.080.000 tonnes, soit 1.600.000 tonnes de paddy à l’horizon 2018. Le Sénégal est le plus grand importateur de riz de l’Afrique subsaharienne et le 10ème au plan mondial. Le pays doit importer, en dépit d’un accroissement récent et appréciable de la riziculture locale : 600.000 tonnes, par an, afin de faire face à la forte demande locale. Cependant, les menaces d’approvisionnement en riz de nos pays sont d’autant plus sérieuses que les institutions et instruments d’appui au développement de la riziculture ont été démantelés, dans le cadre des politiques de libéralisation. Or, le Sénégal offre un potentiel de plus de 400.000 ha dont à peine, 110.000 sont exploités. Le pays est donc à même de satisfaire pleinement à la demande en riz de ses populations.  L’exécution du Pnar révisé, devrait contribuer à apporter des solutions durables à la problématique de développement du riz au Sénégal. L’objectif de production nationale de riz blanc est passé à 1.080.000 tonnes, équivalent à 1.600.000 tonnes de paddy, à l’horizon 2018, pour satisfaire les besoins d’une population de 14,6 millions habitants.