CRISE MALIENNE: UNE MENACE SOUS-REGIONALE

CRISE MALIENNE: UNE MENACE SOUS-REGIONALE

Les organisations sénégalaises de la société civile tirent la sonnette d’alarme, pour prévenir un génocide au Mali. Pays instable depuis « l’assassinat de Kadhafi, le « coup d’Etat contre ATT » et, plus récemment, les massacres au centre du pays coupé en deux. Elles ont mis en place un « Comité de solidarité et d’action pour la paix au Mali et dans la sous-région (COPAM) ».

 

Face à la presse le 16 avril, avec plusieurs représentants de la société civile sénégalaise, Alioune Tine a dénoncé : « l’inertie des États du continent n’est pas acceptable ». Ayant produit un rapport sur la crise malienne, en tant qu’expert indépendant pour les Nations Unies, l’ancien dirigeant de la Raddho et d’Amnesty International (région Afrique) propose la tenue d’un sommet extraordinaire suite aux violences communautaires de ces derniers jours. « Que les gens agissent parce que sinon, si jamais le verrou malien saute comme le verrou libyen, ça va être une catastrophe dans toute la sous-région », rapporte RFI. Ce cri du cœur a été lancé en conférence de presse conjointe le 16 avril 2019, au centre de Bopp, sous l’égide de l’Union pour la solidarité et l’entraide (USE), en présence du professeur Bouba Diop de l’Ucad, de Mamadou Mignane Diouf, le coordonnateur du Forum social Sénégalais et de plusieurs défenseurs des droits humains, environnementalistes, culturels et éducateurs, inquiets de l’escalade de violence depuis la tuerie dans le village Peul de Wogassougou. Le massacre du 23 mars qui a ému la communauté internationale a été suivi, selon les organisateurs, par une attaque dans un village Dogon le 26 mars, laquelle a fait quatre morts. Devant cette escalade et, surtout, parce qu’on semble vouloir pousser l’opinion à privilégier la piste de « la crise interethnique », ils ont lancé un vibrant appel. En dénonçant d’abord « le silence inexplicable des chefs d’Etat, de l’Union africaine et de la Cedeao ». Puis le fait que les massacres aient pu avoir lieux en présence d’autant de forces que le G5 Sahel, Barkhane, l’Onu, et’Uau Rwanda, regrette « les nombreuses victimes recensées ; les personnes déplacées et réfugiées aux abords da Bamako, les enfants orphelins, coupés de leurs écoles, etc. » Alioune Tine d’expliquer l’étendue du danger, puisque « le discours politique ne faisant plus sens, c’est le discours religieux qui mobilise ». Pour autant, ils ont été unanimes à reconnaître que ce n’est pas non plus l’affaire de Djihadistes.

OU SONT LE G5SAHEL, BARKHANE, L’ONU ET L’UA

Selon eux, il s’agit plutôt d’une crise politique dont les soubassements partent de l’élimination du défunt dirigeant Libyen Mouamar Kadhafi. Des armes légères et  lourdes ont alors été massivement introduites dans la sous-région, plongeant le Mali dans la crise. Avec un pays coupé en deux et une quasi absence de l’Etat dans une bonne partie du territoire national. « Des groupes armés en ont profité pour s’installer, semant la peur, la désolation et la terreur au sein des populations livrées à elles-mêmes », dit le texte liminaire remis aux journalistes qui sont appelés à en faire écho. Surtout s’agissant des enfants dont le sort inquiète Yakhya Sidibé selon qui, des milliers d’orphelins déambulent dans les rues de la capitale malienne, sans famille, ni toit, ni secours. De quoi justifier amplement l’appel d’Alioune Tine pour un sommet extraordinaire sur la crise malienne, qui « pourrait s’étendre aux frontières du Burkina       Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Mauritanie, du Sénégal, voire de toute la sous-région ».

Fara SAMB (Pour La Gazette)