Lobbying - Facebook a dépensé 2,5 milliards d'euros en Europe en 2017

Lobbying - Facebook a dépensé 2,5 milliards d'euros  en Europe en 2017

Facebook, la firme américaine de Mark Zuckerberg, a doublé ses dépenses de lobbying en Europe en 2017 passant à 2,5 milliards d'euros contre 1,2 millirads en 2011. Si la firme américaine détenant le réseau social aux  2,13 milliards d'utilisateurs dans le monde a dépensé autant d’argent pour assurer ses opérations de lobbying, c’est parce qu’en Europe devient un marché à la fois de première importance mais aussi de plus en plus compliqué.

Bien conseillé par son armada de juristes dès le début de l’éclatement du scandale Cambride Analytica, Facebook avait plus ou moins une idée de ce qui l’attendait aux Etats Unis mais aussi en Europe où les Etats ont décidé d’aller en croisade avec les GAFA (Google Apple Facebook Amazon)  en brandissant le projet de taxer 3% de leur chiffre d'affaires et des revenus générés par les utilisateurs des sociétés internet. Et une bonne partie de l’Europe plus favorable à Hilary Clinton semble lui attribuer indirectement une part de responsabilité sur l’élection  de Donald Trump. Après avoir témoigné devant le Congrès américain, Mark Zuckerberg veut éviter d'avoir à assurer le même exercice devant les instances politiques européennes dont particulièrement britanniques. Il aurait même prévu en interne de se faire représenter par d'autres cadres de Facebook si cette épreuve peu aisée devait se reproduire en Europe. Et parmi les noms avancés en coulisse, figure en bonne place celui de sa directrice opérationnelle, Sheryl Sandberg. Mais l’idéal serait de bloquer sinon retarde ces éventuelles échéances le temps de bien s’armer et ne pas avoir à gérer des tempêtes tout azimut et en même temps. Et Pour cela, la firme casse la tirelire pour des opérations de lobbying entre Londres, Bruxelles, Berne, Paris et Berlin.

Il faut rappeler que le scandale Cambridge Analytica est la goutte d’eau qui vient faire déborder le vase, si l’on sait que l’année 2017 a été déjà éprouvante pour Facebook.  Les crises des fake news, « ingérence, modération, données personnelles »... sont déjà passées par là et qu’il fallait aussi « gérer » l'entrée en vigueur du RGPD (Règlement général sur la protection des données). Une période cruciale pour le réseau social, qui explique sans doute pourquoi les dépenses de Facebook en lobbying ont doublé dans le vieux Continent l'an dernier, passant de 1,2 milliard à 2,5 milliards d'euros. Pour information, Facebook n'allouait "que" 500 000 euros à ce budget en 2011.

Un budget en croissance pour 2018- 2019

Avec le dossier de Cambridge Analytica qui risque de durer et  les dernières phases de mise en place du RGPD, l’obsession des instances européennes à taxer les GAFA, il y a peu de chance que Facebook passe une année 2018 calme. Et ce même jusqu’en 2020, la firme devra être en ordre de bataille sur…différents fronts.  D’où la conviction que ces dépenses seront loin de baisser. Et lorsque Mark Zuckerberg et son clan auront clamé les ardeurs de ses « détracteurs » - ce qui n’est pas pour maintenant-, ils devront aussi assurer leurs arrières. L’enjeu est de taille. D’autant plus que le réseau social qui annonçait en début d’année poursuivre sa croissance galopante avec le luxe de franchir la barre des 40 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2017, a vu ses actions souffrir de son passage devant le congrès américain début avril. 

En effet sur le quatrième trimestre, Facebook avait annoncé avoir réalisé un chiffre d'affaires de 12,97 milliards de dollars en hausse de 47 % sur un an. Il s'agit d'un record absolu pour l'entreprise, qui éclipse la marque établie au troisième trimestre avec 10,14 milliards de dollars. La marge opérationnelle a atteint, elle aussi, des niveaux inédits, à 57 %, soit 5 points de mieux que l'an dernier. Le bénéfice de la firme net s'établit quant à lui à 4,268 milliards de dollars, le deuxième meilleur score de l'histoire du réseau social. Ce niveau aurait toutefois pu être bien plus élevé sans l'effet du «Tax Break» instauré par l'administration Trump, et qui pèse à hauteur de 2,27 milliards de dollars dans les comptes de l'entreprise. Et on ne sait quoi penser de ce deal avec l’administration Trump en échange la possibilité de rapatrier aux États-Unis une partie de ses liquidités à l'étranger au regard des derniers développement (passage devant le congrès américain). Surtout si l’on sait que les cours de l’action Facebook n’ont pas été indifférents à son audition. A suivre.

Cheikh Mbacké SENE