Gabon – Le secteur bancaire en souffrance prolongée

Gabon – Le secteur bancaire en souffrance prolongée

L'encours des créances bancaires en souffrance au Gabon a atteint 226,1 milliards de FCFA au terme du mois de septembre 2017. Ce niveau se présente en hausse de 21,2%, comparé à celui de la même période en 2016. Ainsi, le pays ne parvient pas à contenir cette nouvelle dégradation du portefeuille crédit dans son secteur bancaire.  Des provisions ont été apportées pour la couverture de ces prêts dont le remboursement est menacé. Elles étaient de 114,6 milliards de FCFA sur la période, et s'affichaient en hausse de 25,4%. Le défi avec cette hausse des créances en souffrance, c'est que les prêts bruts à l'économie représentaient à ce moment 75% du total de bilan des banques, contre 72,8% pour la même période en 2016. Un autre défi que connait le secteur bancaire gabonais, c'est la baisse de ses ressources provoquées par un repli des dépôts. Les dépôts des entreprises publiques ont reculé de 17,4% et celui des privés de 10,1%. Mais la baisse la plus remarquable, est celle des dépôts des non-résidents, généralement des étrangers ou sociétés étrangères, dont le volume a reculé 39,2% comparé à celui de la fin septembre 2016. Cette contreperformance du secteur bancaire gabonais est constatée alors que le pays tente de mettre en œuvre des mécanismes de relance. Un des processus en cours est celui de la création d'un crédit bureau et d'un registre des clients de banques, pour réduire l'asymétrie d'information dans le secteur. Mais des analystes estiment cependant que le problème se situe plutôt au niveau de la mauvaise foi des créanciers. Dans ce contexte, il est difficile d'imaginer un renforcement du secteur bancaire via des investissements privés. A l'exception d'un grand groupe comme BGFI Bank qui pèse lourd sur le marché et qui dispose d'importants effets de levier, la rentabilité du secteur bancaire gabonais n'est pas très attractive. Les rendements sur les fonds propres, comme sur l'ensemble des actifs, se sont fortement dégradés depuis 2008. Selon une analyse récemment effectuée par la banque d'affaire russe Renaissance Capital, le rendement sur les fonds propres est parti de 24,5% en 2008 à 6,8% en 2015. Dans le même temps, le rendement sur l'ensemble des actifs est passé de 2,2% à 0,8% sur la même période.