Côte d’ivoire : Le prix d’achat du kilogramme de café fixé à 750 FCFA, les producteurs en transe.

Côte d’ivoire : Le prix d’achat du kilogramme de café fixé à 750 FCFA, les producteurs en transe.

Le prix du café ne cesse de dégringoler au grand dam des producteurs ivoiriens.  Le café séché, décortiqué et trié sera payé 750 francs CFA le kilo au producteur ivoirien. Le prix minimum reste inchangé pour cette nouvelle campagne 2017-2018. Et ce, malgré la chute des cours du robusta, la variété de café cultivée en Côte d’Ivoire. Les prix mondiaux du robusta (1700 dollars la tonne, au plus bas depuis un an et demi) sont écrasés par l’énorme récolte en cours au Vietnam, premier fournisseur mondial de robusta, avec près de 27 millions de sacs (de 60 kilos). 

Les producteurs décident se battre pour rester sur des tarifs vivables. Le syndicat national agricole pour le progrès de la Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) a été en grève suite au blocage lié à la commercialisation du café au cours de la campagne 2017-2018, le SYNAPCI (vient) par la présente, vous informer de la grève illimitée que nous lançons le lundi 12 mars », a déclaré Moussa Konéprésident du syndicat. Poursuivant, M. Koné indiquera que le prix d’achat du kilogramme de café, tel que fixé pour la campagne 2017-2018, est encore trop bas. « Depuis quelques semaines, la commercialisation du café fixé à 750 FCFA/kilogramme cause d’énormes préjudices aux acteurs, notamment les producteurs et coopératives », a-t-il relevé.

La Production de vert de café robusta de sortie dans le pays avait atteint un sommet lors de 380 000 tonnes en 2000. La Production a par la suite chuté depuis plus d' une décennie de bouleversements dans le pays, en particulier au cours de la première guerre civile ivoirienne (2002-2007) 

Les autorités du pays ambitionnent de doper la consommation locale et de transformer davantage le café sur le sol ivoirien. Malgré la présence de Nestlé qui a une usine de lyophilisation à Abidjan, et plus récemment du Français Touton, seuls 20 à 25 % de la production ivoirienne est transformée localement et réexportée en café en poudre. Tout le reste est exporté vert et à un prix inférieur au robusta vietnamien - pour des raisons de qualité et de goût. L’Algérie, habituée à la tonicité du café ivoirien, reste la première destination des exportations. En Europe, seuls les torréfacteurs espagnols et italiens incorporent encore un peu de robusta ivoirien dans leurs mélanges.

Alors la Côte d’Ivoire encourage l’installation de nouveaux torréfacteurs chez elle : Ivory Blue a créé une usine de capsules, Cafés Bondin veut créer une chaîne de cafés pour doper la consommation ivoirienne de café local, une tendance que l’on observe déjà pour le chocolat ivoirien.